L’Art du Greenwashing par les marchands de luxe et de la mort de la nature et des peuples indigènes … dans leurs propres mots … – Le peuple de la Marchandise d’Or et de Diamant –

“Leur vraie nature #1 – Fondation Cartier
photos: Fondation Cartier – Luc Boegly / site minier d’or – João Laet  / photo de Yanomami, Alto Orinoco, Amazonas, Venezuela et photomontage – Barbara Crane Navarro

Dans “Utopia” de Thomas More, publié en 1516, l’or et les pierres précieuses n’ont aucune valeur. En effet, ils ont le poids du sang, de l’esclavage et de la folie humaine…

L’art de la manipulation :                                                                                                                       Le concept corporatif du parrainage artistique a été si parfaitement décrit par Hans Haacke dans “Libre-Echange”, le livre de Pierre Bourdieu et Hans Haacke, publié par Editions du Seuil / les presses du réel en 1994, que je cite un extrait ici :    

 “Mais ce serait sous-estimer la Biennale … que de croire qu’elle n’est qu’une aide au développement en faveur du site de Venise et qu’il ne s’agit ici que de parts du marché profane de l’art. Du moins, Philip Morris n’était pas dupe quand, en 1988, ce géant des biens de consommation a sponsorisé le pavillon américain pour Isamo Naguchi. La montée de la cote de Noguchi sur la marché de l’art laissait les cow-boys Marlboro de glace. Bien en selle, ils poursuivaient leur chevauchée ; une chose était claire : ‘It takes art to make a company great‘. (‘C’est par l’art que l’entreprise se développe’, slogan de Philip Morris sur ses publicités en double par, paru dans le presse américaine sur les événements culturels des années 70 et 80 que la firme avait sponsorisés. Examples : ‘Which is ‘primitive’ ? Which is ‘modern’ ?’, The New York Times, 1984.) En Italie, lors de la biennale 1993, Philip Morris s’est présenté avec le slogan ‘La culture dei tempi moderni’.

Nous pourrions être tentés de penser que ces mecs à la peau burinée pensent à des tableaux montrant leurs chevaux ou les couchers de soleil incandescents sur les Rockies. Non, ils sont habitués à d’autres calibres : ils visent les haut lieux internationaux du high art. On devine leur stratégie au jargon employé dans un livre publié par le journal conservateur Frankfurter Allgemeine Zeitung qui analyse ce type de comportement de la manière suivante : ‘le sponsoring vise trois objectifs majeurs : notoriété, attitude et communication.’ Il s’agit de transférer les composantes positives de l’objet sponsorisé sur le sponsor (transfert d’image)’. Conclusion du journal : ‘Le sponsoring donne l’occasion d’entretenir des relations avec une sélection de gros clients, les partenaires commerciaux, les faiseurs et les multiplicateurs d’opinion dans un cadre agréable.’ (Manfred Bruhn, ‘Sponsoring. Unternehmen als Mäzen und Sponsoren‘, – L’entreprise en tant que Sponsor et mécène -1987)

En comparaison, les ‘huiliers’ de Mobil sont plus directs : ‘Art for the sale of business’. Aux perplexes, ils fournissent un complément d’informations : ‘What’s in it for us  or for your company ? Improving – and ensuring – the business climate’— L’art pour le bien des affaires – ‘Qu’en tirons-nous, ou votre entreprise? Il améliore et assainit le climat des affaires‘. (Publicité Mobil, The New York Times, 10 Octobre 1985.) Ce qui revient à peu près à dire que cette pratique allège le poids des impôts, édicte les lois favorables aux intérêts des grandes sociétés en ce qui concerne la santé publique et l’environnement, et que c’est une aide à l’exportation quel que soit le type de marchandises, et le pays destinataire. De plus, le sponsoring rend caduques les critiques contre les pratiques du sponsor en affaires.

Pour les Wehrwirtschaftsführer (terme Nazi pour les responsables de l’industrie d’armement) de Daimler-Benz par exemple, il est alors plus facile d’envoyer élégamment promener l plumatif qui s’indigne du copinage qu’entretient cette société avec Saddam Hussein et les gardiens de la Révolution iraniens.

Avec élégance, Alain-Dominique Perrin, chef du Cartier, une prestigieuse échoppe parisienne, comparait ce mécanisme à la conquête amoureuse : ‘Le mécénat n’est pas simplement un formidable outil de communication, mais beaucoup plus que ça ; c’est un outil de séduction d’opinion.’ (Alain-Dominique Perrin, ‘Le Mécénat français: La fin d’un préjugé’, interview de Sandra d’Aboville, Galeries Magazine, no. 15, 1986)

D’ailleurs, le plus beau est qu’en fin d’opération les victimes de cette séduction ont payé les coûts de fonctionnement aphrodisiaques de cette entreprise. Ils sont déductibles des impôts. Les cow-boys de la clope cancérigène ont eu raison de se fier à leur rouerie paysanne et de mettre Noguchi en selle à Venise.

‘La culture est à la mode, tant mieux. Tant qu’elle le restera, il faut s’en servir’, ajoute le maître de la place Vendôme (Alain-Dominique Perrin dans le même article dans Galeries Magazine). Visiblement, il est conscient que la sur-valorisation actuelle de la culture est éphémère.

‘Les grands événements culturels comme la Documenta ou la Biennale sont des mythes modernes’, délire son collègue Thomas Wegner, l’homme qui, au Cyberspace de Hambourg, met en scène une aire de l’électronique grand public (la MEDIALE) avec injection d’arts plastiques, en 1993. C’est avec satisfaction que les experts de la communication et leurs collègues du marketing ont découvert que le prestige et le pouvoir symbolique de ces forums mythiques sont à leur disposition. Les émanations rentabilisantes du bien, du vrai et le beau (BVB), débarrassés de tous soupçons, représentent un énorme capital symbolique même s’il est difficilement chiffrable.  Ricardo Selvatico, le fameux maire auteur des comédies, disait déjà dans son appel que ‘l’art est l’un des éléments les plus précieux de la civilisation’ et qu’il représente ‘un esprit sans préjugé…’ (A. Lagler, op. cit., 1989)

Les managers n’ont pas à se soucier de ce que cachent ces paroles tant que leurs groupes ciblés croient en l’immaculée conception et qu’il n’est pas encore question de licenciements massifs. Casanova le Vénitien leur a enseigné que toute chose n’est pas bonne en matière de séduction. Ils peuvent se reposer sur les institutions quant au choix des moyens adaptés.

Nous savons par Philippe de Montebello, qui connait parfaitement le milieu et dirige le Metropolitan Museum de New York (de 1977 à 2008), que le sponsoring possède un mécanisme interne : ‘C’est une forme dissimulée et perverse de la censure.’ (cité en ‘A Word from our Sponsor, – un mot de notre sponsor – Newsweek, November 25, 1985).

BVB n’est pas seulement un lubrifiant, et une valeur d’échange sur les marchés de l’art. Le bien, le vrai et le beau sont des emballages qui peuvent contenir les mélanges les plus divers. Voilà pourquoi, depuis toujours, parmi les fabricants, dans les dépôts et les bazars BVB, on lutte avec acharnement pour que tel ou tel ingrédient domine. Et pas uniquement ici. Le fait de définir ce qui est bien, vrai et beau dépasse de loin ce que la politique de clocher du monde de l’art est capable d’imaginer. La définition du langage fait partie du management idéologique et politique un aspect qu’il est facile de reconstituer au vu du contenu des pavillons en cent ans de Biennale.”

photo – Hans Haacke – installation “Les Must de Rembrandt” 1986

Depuis 1995, date de la parution de ce livre, la marque de luxe Cartier s’emploie à cultiver de nouvelles cibles à “sponsoriser” afin d’acquérir “le positionnement prestigieux de sa marque à dimension sociale.” C’est-à-dire: Arbres! Yanomami!

Une chronologie choisie: 1998 – A la Biennale de São Paulo, Hervé Chandès, directeur général de la Fondation Cartier, découvre les photos des Yanomami de Claudia Andujar.

2000 – Hervé Chandès rencontre l’anthropologue Bruce Albert qui lui présente Davi Kopenawa et les Yanomami. Chandès propose ensuite un événement artistique à la Fondation Cartier à Paris combinant le travail d’artistes contemporains, les photos de Claudia Andujar et les Yanomami – organisé en partenariat avec l’ONG Survival.

Chandès a également contribué à encourager Bruce Albert à publier un livre sur les pensées de Davi Kopenawa. Une première version du manuscrit en développement est apparue dans le catalogue de l’exposition Cartier de 2003 “Yanomami, l’esprit de la forêt.”

En lisant le livre enfin publié en 2010 par PLON “La chute du ciel”, il est évident qu’il n’y a rien dans les 412 pages relatant les paroles du porte-parole et chaman Yanomami Davi Kopenawa qui permettrait à quiconque de penser que les Yanomami apprécient l’or ou les marchandises faites avec de l’or. Absolument toutes les références à l’or et à ceux qui admirent l’or dans le livre révèlent le point de vue de Davi Kopenawa: “Ils veulent trouver de l’or – Leur avidité est ce qui a fait mourir la plupart de nos aînés il y a longtemps!”-“L’amour de la marchandise – La valeur que les blancs donnent à l’or qu’ils convoitent tant”-“L’or n’est rien de plus que de la poussière brillante dans la boue, pourtant les blancs peuvent tuer pour ça!”-“L’or cannibale” et bien d’autres encore…Mais j’ai sauté quelques années ici …

2004 – Un an après l’exposition “Yanomami, l’esprit de la forêt”, Hervé Chandès a détaillé dans une interview pour parisart à quel point la Fondation Cartier est supervisée par le marchand de montres et bijoux en or de luxe Cartier:

– “Pour nous donner une idée, quels sont les coûts de fonctionnement requis par un tel établissement? La Fondation est privée, entièrement financée par Cartier pour ses communications. Pour donner une estimation large, le budget général – fonctionnement et programmation – varie autour de cinq millions d’euros.  – Quelle relation la Fondation entretient-elle avec la société Cartier? C’est une relation très étroite, simple et structurée. La Fondation a une mission à remplir pour laquelle elle a été confiée et un cahier des charges à respecter. La Fondation rend régulièrement compte de ses activités à l’entreprise avec laquelle elle travaille main dans la main. Nous entretenons des relations étroites avec Cartier et ses filiales étrangères, notamment dans le domaine de la communication.

2015 – À Miami, les procureurs fédéraux ont enquêté et dénoncé une opération de blanchiment d’argent de plusieurs milliards de dollars par des employés de NTR Metals, une importante société américaine de négoce de métaux précieux. Trois commerçants ont plaidé coupables d’avoir acheté de l’or “sale” illégal à des narco-trafiquants et à d’autres éléments du crime organisé, extrait de mines en Amérique latine. L’un des clients de NTR Metals était Cartier.

sites miniers – jeunes enfants orpailleurs au Venezuela – Edo – 2020
mineurs d’or dans une fosse minière – O Globo – 2020 (détail)

2016 – Dans une interview à ALUMNI SUP DE LUXE, Alain-Dominique Perrin affirme que “Le luxe est un vrai métier!” “C’est au huitième étage de la Fondation Cartier, qu’il préside et a créée, que nous reçoit le fondateur de Sup de Luxe et président d’EDC Paris Business SchoolAlain Dominique Perrin. Parce qu’avant de racheter l’EDC, dont il est diplômé, avec d’autres anciens en 1995, Alain-Dominique Perrin a présidé Cartier puis été vice-président du deuxième groupe mondial du luxe, Richemont. Une passion du luxe et du beau qu’il entend plus que jamais aujourd’hui transmettre aux jeunes. L’Institut Supérieur de Marketing du Luxe a été créé par Cartier en 1990 pour répondre aux nouveaux besoins du secteur en termes de développement commercial et de présence mondiale. ‘Imaginer les nouveaux marchés : aujourd’hui les Australiens arrivent au luxe et on voit fleurir des centres commerciaux magnifiques avec toutes les grandes marques.‘ “

2018 – Plus de 500 ans après que la conquête des Amériques par l’Europe a déclenché des siècles de pillage de la nature et de déplacement, d’esclavage et d’horreur pour les peuples autochtones, le pape François a visité la région de Madre de Dios au Pérou et a déclaré que l’industrie minière de l’or était devenue une “Faux dieu qui exige le sacrifice humain” parce qu’il détruit les hommes et la nature et “corrompt tout. … Je veux que tout le monde entende le cri de Dieu.” “Où sont ta sœur et ton frère esclaves?” a demandé le pape en évoquant la traite des êtres humains qui fournit des mineurs et des travailleuses du sexe à l’industrie de l’or. “Il y a tellement de complicité. Et c’est une question pour tout le monde.” Le pape a déclaré que jamais auparavant dans l’histoire les cultures traditionnelles de l’Amazonie n’avaient été aussi gravement menacées.

La demande d’or et d’autres ressources de la forêt tropicale de la part des consommateurs des pays riches est à l’origine de la dévastation incessante de la nature et de la dégradation des vies autochtones. Alors que le pape parlait au Pérou, deux des négociants en or de NTR Metals à Miami ont été condamnés à des années de prison. Le juge a déclaré qu’ils contribuaient à “la déforestation… l’empoisonnement des travailleurs… les maux sociaux.”

Mais ce ne sont pas les seules personnes impliquées qui sont coupables…

La même année, Alain-Dominique Perrin, co-président du comité stratégique du groupe Richemont, déclare dans une interview à Entreprendre: “Nous (Cartier) avons ouvert la porte au financement de l’art par le luxe. … Toutes les grandes entreprises du secteur du luxe se sont embarquées dans le mécénat de l’art contemporain, que cela soit Louis Vuitton, Pinault, Prada, Hermès ou récemment les Galeries Lafayette. Nous avons tracé le sillon en étant les pionniers. Le mécénat est comparable au sponsoring …  en contrepartie, la Fondation reçoit des éloges de la presse, des médias et des réseaux sociaux, ce qui profite nécessairement à l’entreprise. L’entreprise dépense et injecte de l’argent mais en tire un profit à travers une notoriété supplémentaire et le positionnement prestigieux de sa marque teintée d’une dimension sociale.

Exposition de la Fondation Cartier “Nous les arbres” 2019 – photo: Fondation Cartier – Luc Boegly

2019 – Le PDG de Cartier, Cyrille Vigneron, a été interviewé dans Fashion Network. L’article précise que “Cartier fait partie du groupe de luxe suisse Richemont, qui contrôle également Van Cleef & Arpels, MontblancIWCPiaget, Alfred Dunhill, Chloé, James Purdey, Azzedine Alaïa, Shanghai Tang ou encore Yoox Net-A-Porter. Richemont, qui appartient à la riche famille sud-africaine des Rupert, ne détaille pas les revenus de chacune de ses marques, mais le chiffre d’affaires de Cartier est estimé à plus de 7 milliards d’euros.”   ‘Net-A-Porter est une plateforme très puissante, avec une clientèle solide. Et sur le plan de la visibilité et de l’attrait pour Cartier, tout s’est très bien passé. Nous constatons que la pénétration du circuit e-commerce dépasse les questions de prix et que les articles coûteux sont de plus en plus acceptés sur Internet‘, se réjouit Cyrille Vigneron, qui fait remarquer que l’article le plus cher vendu dans le cadre de cette collaboration était une montre panthère pavée de diamants vendue pour 140 000 euros à un client britannique.”

2020 – Le 11 mars marque le début de l’extraordinaire épisode “Dirty Gold” (l’or sale) de la série documentaire “Dirty Money” sur Netflix. Le film explore en détail le blanchiment d’argent chez NTR Metals, l’implication avec les cartels de la drogue et les raffineries de Miami qui ont été fermées pour trafic d’or illégal en provenance d’Amérique latine. Prenant de grands risques personnels, des civils et des agents fédéraux ont enquêté et révélé le bilan dévastateur et tragique de l’extraction de l’or sur la nature et la vie des peuples autochtones – “qui vivent avec la menace quotidienne d’être exécutés…”… “Un employé de la raffinerie – fier que Cartier était un client… “

Jusqu’à 75% de l’or extrait chaque année est utilisé pour des bijoux, des montres, des accessoires et d’autres symboles de statut ostentatoires et triviaux vendus par Cartier et d’autres dans l’industrie de l’or.

Toujours en mars, JOAILLERIE publiait: “Cartier dévoile les nouveautés de sa collection “Clash!” La célèbre maison de joaillerie française a lancé sa collection “Clash” en avril 2019, qui est très vite devenue incontournable. Cartier dévoile aujourd’hui de nouveaux bijoux en or blanc ou gris, qui embrasse les nuances turquoise de l’amazonite.” La photo publicitaire de “Clash” de Cartier rappelle terriblement le riche Capitole de Panem dans l’univers de The Hunger Games. Propagande perverse pour une industrie meurtrière? Je ne connais pas les conditions d’exploitation minière de l’amazonite, mais il n’existe pas de moyen durable d’exploiter l’or dans les quantités requises par l’industrie mondiale du luxe, ni même celles concernant les bijoux en or à prix réduits.

Combien de temps encore les habitants des pays riches vont-ils continuer à prétendre ne pas être responsables de la désolation et du désespoir que provoque l’extraction de l’or et des diamants?

 photo publicitaire de la collection de bijoux “Clash” de Cartier

Bruce Albert, l’anthropologue et apologiste de Cartier, dans un échange sur Twitter, m’a informé que “Cartier a la garde complète d’une partie de sa chaîne d’approvisionnement en or” et a envoyé un lien vers un article avec ce titre en professional jeweller qu’il ne doit pas avoir lu au préalable. L’article cite une évaluation de Human Rights Watch qui indique que Cartier n’a pas réellement un bon bilan en matière d’environnement et de droits humains.

J’ai répondu: “J’ai lu: ‘On ne sait pas si Cartier applique cette disposition … a une chaîne de possession pour certains, mais pas tous, de son or … n’indique pas pour les diamants … la traçabilité pour une fraction de son or. Selon la maison mère Richemont: la traçabilité est un objectif à long terme et un axe d’amélioration.’ ??”

(Novembre 2020 la mise à jour de Human Rights Watch intitulée “La pandémie de Covid-19 dévaste les communautés minières, augmente les risques pour les droits” indique que Cartier n’a fait aucun progrès pour améliorer leur triste bilan.)

Bruce Albert a poursuivi sur Twitter avec “Mais ce que je sais de première main, c’est que @Fond_Cartier et #CartierPhilanthropy ont donné depuis avril dernier environ 135 000 USD aux Yanomami au Brésil pour acheter équipement médical pour se protéger du Covid-19 (dont 65 pompes d’oxygène médical).”

J’ai répondu: “Vous parlez du Covid-19 propagé par les orpailleurs en territoire Yanomami (et ailleurs en Amazonie)? Peut-être que @Fond_Cartier pourrait envoyer du matériel médical à d’autres communautés autochtones décimées par l’orpaillage ou réviser leur modèle d’affaires #l’or de sang à la place ??”

Aucune réponse…

Les motifs mercantiles de Cartier sont évidents. L’empire commercial de ce fournisseur de bibelots en or et en diamants existe et prospère parce que les consommateurs ont soif de symboles de “réussite”. Mais quand Stephen Corry et autres représentatives de l’ONG Survival (qui soutien les peuples indigènes), et l’anthropologue Bruce Albert tentent de convaincre le monde que le leader de l’industrie de la joaillerie en or de luxe Cartier fait des bonnes oeuvres?

Comment interpréter une position si dénuée de fondement dans la réalité? Candide? Mercenaire?

Que pensent exactement les Yanomami de l’or, des marchandises faites avec de l’or et du consumérisme effréné? C’est expliqué ici dans un court métrage réalisé par l’ONG brésilienne Socioambiental:

https://barbara-navarro.com/2020/11/21/ecouter-le-message-du-chaman-yanomami/

Voici un petit extrait: “Mais tu as toujours été si gourmand -Trop primitif – Trop sauvage pour comprendre – Maintenant tu apportes encore des malédictions sur les Yanomami – Maladies – Et encore une fois nous en mourrons – Et toutes les terres indigènes sont en train d’être transformé en – cendres et boue”

Aujourd’hui, la Fondation Cartier présente l’exposition “La lutte Yanomami” à la Triennale Milano jusqu’au 7 février. “La Fondation Cartier pour l’art contemporain et la Triennale Milano se sont associées pour une période de 8 ans. Cette collaboration sans précédent représente un nouveau modèle de partenariat culturel en Europe entre les institutions publiques et privées.”

Cette fois, non seulement le directeur général de la Fondation Cartier Hervé Chandès s’est exprimé lors du vernissage “exposition consacrée aux Yanomami et à leur cause…“, mais aussi Cyrille Vigneron, le PDG de la société Cartier “Cliniques mobiles de coronavirus pour Yanomami … reboisement” ainsi que le ministre Franceschini “L’Europe c’est un producteur et consommateur important de contenus culturels“, et l’Ambassadeur Masset “protection de la nature et des écosystèmes…“, etc., etc.

“Leur vraie nature #2 – Triennale Milano”
photos: Triennale Milano – Gianluca Di Ioia / site minier d’or – João Laet  photo de Yanomami, Alto Orinoco, Amazonas, Venezuela et photomontage – Barbara Crane Navarro

Le parrainage est une tentative discursive de transformer la réalité et de nous faire détourner l’attention d’un contexte à un autre. Les “communications” sont des exercices de narration, de mythe; vantant les mérites de marques spécifiques. Ces publicités s’accompagnent de fictions, qui contribuent à désamorcer le vrai caractère d’un “business model” pour forger une série d’associations positives dans l’imaginaire collectif. Le conte trouve son “happy end” avec le “transfert d’image” et le produit acquiert sa légitimité. Malheureusement, pour le scénario de Cartier qui dépend des Yanomami et encore plus malheureusement pour des Yanomami, la destruction de leur territoire pour l’industrie aurifère et les maladies propagées par les mineurs d’or et les décès de Yanomami dus au coronavirus deviennent de plus en plus difficiles à transformer en une fantaisie envoûtante.

En savoir plus ici: https://barbara-navarro.com/2020/09/06/colonialisme-du-21e-siecle-mis-en-oeuvre-par-quelques-ong-de-qui-est-la-survie-en-jeu-ici-survival-la-survie-des-forets-tropicales-et-des-peuples-autochtones-ou-de-lindustrie-des-bijoux-de/

About Barbara Crane Navarro - Rainforest Art Project

I'm a French artist living near Paris. From 1968 to 1973 I studied at Rhode Island School of Design in Providence, Rhode Island, then at the San Francisco Art Institute in San Francisco, California, for my BFA. My work for many decades has been informed and inspired by time spent with indigenous communities. Various study trips devoted to the exploration of techniques and natural pigments took me originally to the Dogon of Mali, West Africa, and subsequently to Yanomami communities in Venezuela and Brazil. Over many years, during the winters, I studied the techniques of traditional Bogolan painting. Hand woven fabric is dyed with boiled bark from the Wolo tree or crushed leaves from other trees, then painted with mud from the Niger river which oxidizes in contact with the dye. Through the Dogon and the Yanomami, my interest in the multiplicity of techniques and supports for aesthetic expression influenced my artistic practice. The voyages to the Amazon Rainforest have informed several series of paintings created while living among the Yanomami. The support used is roughly woven canvas prepared with acrylic medium then textured with a mixture of sand from the river bank and lava. This supple canvas is then rolled and transported on expeditions into the forest. They are then painted using a mixture of acrylic colors and Achiote and Genipap, the vegetal pigments used by the Yanomami for their ritual body paintings and on practical and shamanic implements. My concern for the ongoing devastation of the Amazon Rainforest has inspired my films and installation projects. Since 2005, I've created a perfomance and film project - Fire Sculpture - to bring urgent attention to Rainforest issues. To protest against the continuing destruction, I've publicly set fire to my totemic sculptures. These burning sculptures symbolize the degradation of nature and the annihilation of indigenous cultures that depend on the forest for their survival.
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8 Responses to L’Art du Greenwashing par les marchands de luxe et de la mort de la nature et des peuples indigènes … dans leurs propres mots … – Le peuple de la Marchandise d’Or et de Diamant –

  1. Pingback: Colonialisme du 21e siècle – mis en œuvre par les corporations et les ONG? De qui est en jeu la survie ici, Survival? La survie des forêts tropicales et des peuples autochtones ou de Cartier et d’autres dans l’industrie de la joailler

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  3. nedhamson says:

    Reblogged this on Ned Hamson's Second Line View of the News and commented:
    The Art of Greenwashing by Luxury Merchants and the Death of Nature and Indigenous Peoples … in their own words … – The People of the Gold and Diamond Commodity

    Liked by 1 person

  4. Pingback: L’Art du Greenwashing par les marchands de luxe et de la mort de la nature et des peuples indigènes … dans leurs propres mots … – Le peuple de la Marchandise d’Or et de Diamant – — Barbara Crane Navarro – Tiny Life

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